Introduction

Utilisée en France depuis le XIIIe siècle, la poudre noire ou poudre à canon devint peu à peu un élément indispensable de tout armée en raison du développement des armes à feu. De ce point de vue, le XVIIe siècle marqua un tournant avec la géné­ralisation du mousquet aux dépens de la pique, puis avec l’introduction du fusil et le rôle croissant joué par l’artillerie. L’augmentation des effectifs imposa également une consommation toujours plus grande et donc la nécessité d’en organiser l’approvisionnement.

La première moitié du XVIIe siècle vit progressivement la mise en place d’une ferme des poudres et salpêtres calquée sur le système de la ferme générale. Si la première tentative date de 1635, c’est en 1664 que la ferme connut son organisation définitive avec la nomination à sa tête de François Berthelot, financier ap­pelé, lui et sa famille, à jouer un rôle prépondérant dans l’appro-visionnement militaire. Loin d’être une décision isolée, cette création s’inscrivait dans une vaste réforme de l’artillerie destinée à faire de ce corps une arme à part entière.

La poudre noire serait apparue en Chine, environ 1.000 av. J.C. Comme le note fort justement M. de Lombarès, la découverte des propriétés incandescentes du salpêtre fut sans doute fortuite et rien n’empêche de croire que quelques savants chinois avaient cherché à les utiliser avec d’autres produits, tels le soufre ou le charbon, pour en faire un mélange incendiaire utilisé aussi bien pour des festivités qu’à des fins militaires. Les premières armes à feu furent des tubes de bambou liés à un bâton dans lesquels la poudre allumée provoquait un jet de flamme suffisamment im­pressionnant pour effrayer l’adversaire, d’où leurs noms de “lances à feu”. En mélangeant la poudre avec des cailloux, la lance à feu devenait une arme tirant des projectiles, ancêtre de toutes les ar­mes à feu.

Au VIIe siècle, ces inventions firent leur apparition au Proche-Orient, apportées par des marchands arabes. Les Grecs ne tardèrent pas à s’en emparer et à les perfectionner. En agrandis­sant le tube, la quantité de poudre utilisée pouvait être augmentée et donc l’effet plus important. Encore fallait-il assurer la solidité de l’arme lors de l’explosion d’où la création de pièces en bronze, mais l’accroissement du poids en rendait le transport difficile, ce qui devait pénaliser longtemps l’artillerie. Les Byzantins contour­nèrent cet obstacle en équipant leurs navires de ces nouvelles ar­mes tirant les fameux feux grégeois.

Il fallut attendre les croisades pour voir arriver la poudre en Occident. En France, elle ne sembla pas avoir été fabriquée avant la seconde moitié du XIIIe siècle, probablement sous l’impulsion de Louis IX , lequel avait pu en observer l’utilisation par les Arabes lors de sa première croisade. Dans un pays où le salpêtre se trouve rarement sous forme de gisement naturel, sa recherche sur les murs humides des vieilles habitations s’avérait désormais nécessaire. Si la fabrication de la poudre connut des améliorations notables, en particulier avec l’invention de la poudre grainée au milieu du XVe siècle, ses effets furent particulière­ment méconnus jusqu’au XVIIIe siècle.

Avec la justesse du tir, l’autre grand problème des officiers d’artillerie et des théoriciens était les effets de la poudre. La rapi­dité et la brutalité de l’explosion étaient d’autant plus difficiles à comprendre que les connaissances en balistique et en chimie étaient encore balbutiantes. Toutes les études buttaient sur deux questions :

–        Comment appréhender le phénomène de combustion ?

–        Comment évaluer l’effet de l’explosion sur le boulet ?

Le jugement de Blondel  [1] sur les premiers théoriciens de la balistique est révélateur des lacunes dans ce domaine. Ainsi, ju­geait-il Rivaut de Fleurance  comme « un homme d’une très grande érudition, qui avoit lu une infinité de bons livres, qui avoit une connoissance parfaite de la langue grecque et des autres langues orientales » mais ayant « étudié plus que médiocrement aux mathé­matiques » et incapable de travailler sur les ouvrages d’Archimè-de [2].

Si son analyse des travaux de Louis Collado, ingénieur du roi d’Espagne  dans le Milanais , était plus concise, elle n’en était pas moins incisive et définitive :

« Je ne m’arrêterai pas à raisonner sur le rapport de cet au­teur et sur le peu de sûreté qu’il y a de ces expériences [3]. » 

Même si Blondel  avait tout intérêt à déprécier les travaux de ses prédécesseurs pour faire valoir ses nouvelles tables de tir, son jugement n’était pas très éloigné de la vérité. A leur décharge, ils étaient confrontés à deux obstacles majeurs :

–        les approximations scientifiques de l’époque dans le do­maine de la physique ;

–        l’hostilité des officiers d’artillerie à leur égard, donc la dif­ficulté d’expérimenter leurs théories [4].

Sur les effets de la poudre, Blondel  n’avait pas eu plus de succès que les autres. Tout en le reconnaissant, il en minimisait les conséquences :

« Ces obstacles peuvent être suffisamment surmontez par le soin et par la méditation laborieuse de ceux qui s’appliquent tout à fait à ce métier [5]. » 

Cette phrase était-elle un hommage aux officiers d’artillerie ou une concession à leur égard ? Était-ce aussi un aveu d’impuissance ?

En semblant considérer que seuls les officiers d’artillerie, « ceux qui s’appliquent tout à fait à leur métier », étaient capables de percer le mystère de la poudre, Blondel  tentait d’atténuer une lacune majeure de son travail et de ne pas paraître aussi ignorant que les autres sur ce problème. Mais le constat était là : lui non plus n’était pas parvenu à percer les secrets de la poudre.

L’expérimentation n’était pas non plus la panacée. Les dif­férences entre deux pièces, en théorie, identiques, étaient si gran­des qu’une épreuve pouvait donner des résultats très différents selon la bouche à feu utilisée. Les munitions et la poudre présen­taient des inconvénients similaires. Comment vérifier une hypo­thèse si les boulets n’étaient pas strictement du même poids et du même diamètre ? Si la poudre n’était pas toujours d’une qualité identique ou si la pièce n’avait pas une âme parfaitement rectili­gne ?

Ressons  butta sur ces difficultés en tentant de comprendre le mécanisme de l’explosion. En 1716, il reconnaissait son échec devant l’Académie royale des sciences de Paris en déclarant « qu’il n’y avait aucune théorie dans les effets de la poudre [6]. »  Selon lui, seule une longue pratique permettrait de surmonter de telles diffi­cultés. Cette maxime fut souvent le motif avancé pour refuser une innovation.

Ainsi, en 1740, Vallière  [7] renvoya l’abbé Deidier  [8] à son en­seignement des mathématiques à l’école d’artillerie de La Fère  [9] :

« Il faut croire que le sieur Deidier  est dans la bonne foy, mais sa découverte ne sçauroit être aussy intéressante pour l’état qu’il se l’imagine, à moins qu’il n’ait trouvé l’art de soumettre au calcul les bisarres variations des effets de la poudre. On peut même normalement assurer que ny lui, ny d’autres ne parviendront à cette connoissance. Ces mêmes variations inséparables des effets de la poudre sont un obstacle insurmontable contre ceux qui préten­dent comme le sieur Deidier donner une bombe dans le but sans tatonner [10]. »

La résignation du premier officier d’artillerie du royaume (après le grand-maître) prouve à quel point l’explosion de la pou­dre restait un mystère.

Même si des progrès furent réalisés dans ce domaine, les ouvrages de balistique du XVIIIe siècle renfermaient plus de supputations et de constatations que de réelles découvertes. L’essai sur la poudre du chevalier d’Antoni (1763) en est un parfait exemple. Mais contrairement à Vallière , son auteur considérait que les épreuves répétées permettraient un jour de percer ce se­cret :

« On ne peut faire aucune expérience pour découvrir les pro­priétés et les effets de la poudre que par le moyen du feu [11]. »

En 1772, Guibert  [12] résuma parfaitement les difficultés auxquelles étaient encore confrontés les officiers d’artillerie :

« Plusieurs points de première importance sont encore pro­blème et le seront peut-être longtemps. On ignore quels sont les ef­fets de la poudre, jusqu’à quel point elle agit sur les mobiles qu’elle chasse, soit relativement à sa qualité, à sa quantité, à la manière dont elle est employée, aux impressions que l’air fait sur elle; soit relativement au métal, à la longueur et à l’épaisseur des pièces. On ignore la quantité de force motrice, par laquelle les mobiles sont chassés et la diminution successive de vitesse qu’ils éprouvent par la résistance plus ou moins forte de l’air. La théorie de la balistique est encore plus incertaine.(…) Il est donc apparent que le temps, que les connaissances mathématiques qui se répandent et font de plus en plus fermenter les esprits chaque jour, produiront des découver­tes nouvelles et que ces découvertes amèneront de nouveaux princi­pes [13]. »

Si le principe de l’expérimentation était acquise, les connaissances restaient donc sommaires plusieurs siècles après l’apparition de la poudre en Occident.

L’étude détaillée des ouvrages des théoriciens ne permet­trait que d’aligner de fausses hypothèses, des supputations hasar­deuses et des interrogations sans réponse. S’ils ont le mérite d’exister, ces travaux ont peu aidé les artilleurs de l’époque pour qui la composition, la fabrication et surtout la conservation de la poudre étaient autrement plus importantes que ses effets propre­ment dits. A une époque où les armées étaient de plus en plus im­portantes, et donc la consommation de poudre toujours croissante, la construction de magasins fut insuffisante dans bien des régions. Dans ces conditions, la recherche de lieux adéquats à la conserva­tion de la poudre fut un véritable casse-tête pour de nombreux gouverneurs et intendants tiraillés entre les sollicitations des offi­ciers d’artillerie et les mesures élémentaires de sécurité pour la population.

Le second souci fut l’approvisionnement. Le vieux système, crée par Henri II  et basé sur la fourniture de salpêtre par les villes du royaume, apparut dépassé après les guerres de religion, les­quelles avaient prouvé qu’une telle organisation favorisait la cons­titution de réserves de poudre échappant au pouvoir royal. La ferme générale des poudres et salpêtres s’imposa dans la première moitié du XVIIe siècle mais non sans difficulté. Le contrôle de cette entreprise et le choix des hommes à qui le roi devait la confier fut l’un des problèmes de notre période. Mais l’essentiel demeura la nécessité d’assurer une production suffisante tout en tenant compte des finances jugées, à tort ou à raison, perpétuelle­ment insuffisantes. La réponse apportée par les responsables à cette délicate équation constituera notre troisième et dernier sujet de réflexion.

 

[1] Nicolas-François Blondel  (1618-1686), architecte, ingénieur et mathématicien, dessina les plans de Rochefort  avec le chevalier de Clerville , et fut admis à l’Académie des sciences en 1669. Sous-précepteur de Monseigneur en 1673, il fut le premier directeur de l’Académie d’architecture. Parmi ses principales réalisations figure la porte Saint-Denis à Paris. Blondel rédigea plusieurs ouvrages dont un Cours d’architecture, un Cours de mathématique et son Art de jeter les bombes.

[2] Blondel  François, L’art de jeter les bombes, La Haye, 1685, p.43.

[3] Blondel  François, L’art de jeter les bombes, La Haye, 1685, p.41.

[4] De nombreux théoriciens jugeaient inutiles ces expérimentations. Il fallut attendre la seconde moitié du XVIIe siècle pour que celles-ci soient considérées comme nécessaires.

[5] Blondel  François, L’art de jeter les bombes, La Haye, 1685, p.512.

[6] Ressons , Méthode pour tirer des bombes avec succès, Histoire de l’académie des sciences 1716, Paris, 1718, p.79.

[7] Jean-Florent de Vallière  (1667-1759), issu d’une famille de vieille noblesse, entra dans l’artillerie en 1685. Commissaire ordinaire, il participa durant la guerre de succession d’Espagne  aux sièges de Landau , du Quesnoy  et de Barcelone , ainsi qu’aux batailles de Ramillies, d’Oudenaarde et de Malplaquet. Devenu maréchal de camp, il fut l’auteur de la réforme de l’artillerie de 1732, réorganisant la fabrication des bouches à feu.

[8] L’abbé Deidier  était professeur de mathématique. En 1740, il succéda à Belidor  à l’école de La Fère .

[9] Ce refus se déroula dans un contexte particulier pour Vallière . Quelques semaines auparavant, il y avait eu une querelle importante au sein de l’artillerie, au sujet des découvertes de Belidor  (voir chapitre VII), prédécesseur de l’abbé Deidier  à La Fère . Le directeur général de l’artillerie n’était sûrement pas prêt à accepter une innovation venant de quelqu’un d’étranger au Corps.

[10] S.H.A.T., fonds Vallière  1K311/2, lettre de Vallière au cardinal de Fleury , le 5 octobre 1740.

[11] Antoni  Alessandro Papacin o, chevalier d’, Essai sur la poudre, Amsterdam, 1763, p.1.

[12] Jacques Antoine Hippolyte de Guibert  (1743-1790), fils d’un capitaine, participa à la guerre de Sept ans avec ce grade, notamment dans l’état-major du duc de Broglie, et fit la campagne de Corse en 1769. La parution de son Essai général de tactique, en 1773, déclencha des passions qui l’obligèrent à quitter la France. Il rencontra alors Frédéric II et Joseph II. A partir de 1775, il retrouva la vie de garnison, même si Ségur, ministre de la guerre, lui demanda de réfléchir à un plan de réforme de l’armée.

[13] Guibert  Jacques (comte de), Essai général de tactique et traité de la force publique (1772-1790), Paris, Nation armée, 1977, p.155-156.

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La stratégie génétique dans la stratégie des moyens

Joseph Henrotin

Mémoire de DEA en sciences politiques, ULB, 2001-2002.

Table des Matières

I – Introduction                                                                             

1) Relations internationales, paradigmes dominants et sécurité militaire 

2) Questionnements et enjeux                                                            

3) Méthodologie

4) Le contre-exemple du A-12 Avenger II

II – Genèse de l’impact stratégique de la technologie

1) Le courant historique de l’impact stratégique de la technologie                    

2) L’histoire instrumentalisée dans le sens du technologique                                     

3) Genèse de l’approche génétique et pensée navale

4) Des stratégies génétiques filles de leur temps ? 

III – Racines et champs d’influence de la technique dans l’environnement stratégique

1) Science, technique et technologie : concepts ponctuels ou système conceptuel ?         

1.1. Les formes du déterminisme technologique   

1.2. La projection stratégique des déterminismes 

2) OR, OA et SA : optimiser mathématiquement les appareils stratégiques                   

3) Bureaucratisation et organisations militaires 

4) Le combattant et la technique 

5) Dynamiques déterministes et sortie des schémas isolationnistes                            

IV – Entre cultures et perceptions : fondements de l’action stratégique et technologie                     

1) Accepttons réalistes et pluralistes des cultures stratégiques                               

2) De la culture stratégique à la culture technologique                                        

2.1. L’approche directe                                                                                      

2.2. L’approche indirecte                                                                                 

3) Dilemme de la sécurité et charge généto-culturelle                              

4) Culture, stratégie et conception des matériels                                                    

5) Les logiques politiques internes                                                                          

6) Synthèse

V – Le niveau opérationnel de la stratégie génétique                                                   

1) Tactique et opératique dans la stratégie des moyens

2) Stratégie génétique et niveaux stratégique 

3) Principes de la guerre et opérations génétiques                                                         

3.1. Principe stratégique d’économie des forces et principes génétiques qualitatifs et quantitatifs

3.2. Principes stratégiques de surprise et d’initiative et principe génétique de supériorité                                                                                 

3.3. Principe stratégique de sûreté et équivalence génétique                          

4) Critique du parallélisme strato-génétique

VI- Conclusions 

1) Champs des possibles politiques et technologiques et générations de la dynamique génétique                                                                                  

2) Les enjeux génétiques

2.1. L’actant stratégique dans sa vision du monde                                                 

2.2. L’actant dans sa relation à l’interne et à l’externe                                            

3) L’A-12 : une vision du monde ?

4) Incarnation stratégique de la génétique et perspectives théoriques     

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La ferme des poudres et salpêtres. Création et approvisionnement en poudre en France (1664–1765)

Frédéric Naulet

Table des matières

INTRODUCTION 

CHAPITRE I Fabrication et conservation de la poudre 

I – Les composants de la poudre 

1- Les qualités des éléments de la poudre 

2- Une récolte conflictuelle du salpêtre 

3- Le raffinage du salpêtre 

II – La fabrication de la poudre 

1- Les étapes de la fabrication 

2- Les moulins à poudre 3- Le raffinage du salpêtre 

III – Une conservation problématique 

1- Le conditionnement de la poudre 

2- Des magasins à poudre souvent inadaptés 

CHAPITRE II : La ferme générale des poudres et salpêtres 

I – L’évolution des marchés 

1- Une difficile mise en place de la ferme générale des pou­dres et salpêtre 

2- L’ère des Berthelot 

3- Le temps de la famille Micault  

II – Le fonctionnement de la ferme générale des poudres et salpêtres 

1- La création d’une compagnie 

2- Recettes et dépenses de la ferme 

3- Les difficultés de la ferme 

III – Une ferme aux mains des financiers 

1- L’importance des alliances 

2- Des activités diversifiées 

3- Les rapports avec le pouvoir royal 

CHAPITRE III : Besoins et production de poudre

I – 1664-1698 : un effort particulier d’approvisionnement 

1- La mise à contribution du royaume 

2- La répartition de la poudre dans les provinces 

3- Le recours à l’étranger 

II – 1698-1765 : Une difficile gestion des magasins 

1- L’épreuve de la guerre de succession d’Espagne  

2- La reconstitution des stocks 

3- Les difficultés des salpêtriers 

Conclusions 

Annexes 

SOURCES MANUSCRITES, IMPRIMEES ET BIBLIO­GRAPHIE

INDEX DES NOMS DE PERSONNES ET DES NOMS DE LIEUX

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Chroniques du Kosovo (1999-2000)

François Géré

Ouvrage uniquement disponible sous format électronique

En juin 1999, prenait fin la guerre du Kosovo. L’OTAN, sans une seule perte dans ses rangs, avait vaincu l’armée serbe. Contraint à la capitulation, M. Milosevic était voué à une proche élimination. Enfin, l’entrée des Alliés au Kosovo allait permettre d’y mettre place une société pluriethnique, conforme aux idéaux des droits de l’homme et de la tolérance.

Aujourd’hui, le bilan se présente de manière fort différente. Dans la peur et la haine, le Kosovo s’est installé dans une partition de fait. À Belgrade, M. Milosevic se maintient au pouvoir, face à une opposition faible et divisée. Quant au bilan des opérations aériennes, il révèle une efficacité très limitée. Bref, aucun des buts de guerre, affichés ou non n’a été atteint.

Ces chroniques, écrites dans la fièvre de l’événement et le brouillard de l’information défectueuse, ont pris pour point de départ le constat d’une grave erreur politique et stratégique. Elles se sont développés par une interrogation critique : quel était le degré d’écart entre ce qui était proclamé (des deux côtés) et ce qui se produisait réellement ? En recourant aux outils de l’analyse stratégique, elles ont cherché à expliquer, à travers le comportement et les déclarations des différents acteurs, les objectifs réels et à dégager les conséquences pour chacun d’entre eux. En somme, elles ont simplement cherché à comprendre la guerre.

François Géré, agrégé et docteur en histoire, est directeur scientifique de la Fondation pour la Recherche Stratégique. Il a récemment publié La société sans la guerre, Desclée de Brouwer, 1998 ; Dictionnaire de la pensée stratégique, Larousse, 2000.

Sommaire

PRÉFACE

Le vertige de la guerre

Avertissements

L’erreur initiale

La nouvelle règle du jeu

Plaidoyer pour une cohérence stratégique

Buts de guerre et buts dans la guerre : les passions et la raison

Complots

Un complot européen pour attirer les États-Unis

M. Blair en nouveau Gladstone

Entre Hitler et Staline, le mythe Milosevic

Trois scénarios de règlement négocié

La guerre psychologique au Kosovo

Sur le rôle du nucléaire. Que viendrait faire le nucléaire en cette affaire ?

Vertige II

ÉTHIQUE, POLITIQUE et STRATÉGIE. Bilan de 5 semaines de guerre

Du Koweït au Kosovo. Mutations de la stratégie militaire occidentale

La guerre au sol

Profits et Pertes. Réalité de la transformation des échelles de puissance

Un second système otanien verra-t-il le jour ?

Crier victoire

Un mythe de fin de guerre

Annexe 1 : Le texte de l’accord de Kumanovo

Annexe 2 : Chronologie

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Les Etats-Unis, hyperpuissance militaire à l’aube du XXIème siècle

Philippe Richardot

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Sommaire 

En introduction : Analyse politico-militaire

Partie I – L’architecture des forces

Chapitre Premier – Les personnels

Les grands commandements
Le total des effectifs
Garde nationale et Réserve
Le recrutement

Chapitre II – Composition, déploiement des forces conventionnelles

Composition des forces conventionnelles
Déploiement outre-mer

Chapitre III – Architecture des forces terrestres

Les structures
La radio, arme principale de l’infanterie
Les armes du fantassin
Les armes lourdes d’infanterie
La tenue de combat
Voir la nuit et savoir où l’on est
Le fer de lance des blindés : le char Abrams
Les véhicules blindés d’infanterie
Les blindés de commandement
Les blindés amphibies des Marines
Structure et coordination de l’artillerie
L’artillerie à tube
Quoi de neuf dans l’artillerie à tube ?
Le lance-roquettes multiple
Les véhicules tactiques
SHORAD et lasers aveuglants sur véhicules
L’aviation légère
Les hélicoptères de transport
Les hélicoptères d’attaque
Renouveau doctrinal et entraînement
Méthodes de combat

Chapitre IV – Architecture des forces navales

Les porte-avions
Les navires amphibies
Les navires de combat
Les sous-marins d’attaque
Les systèmes d’armes
La logistique navale de combat

Chapitre V – Architecture des forces aériennes conven­tionnelles et spécialisées

Révolution dans l’Air Force : les commandements fonctionnels
Concept de projection des forces
Chasseurs-bombardiers et avions d’attaque
Bombardiers conventionnels
Le combat aérien
La mutation du bombardement
Électronique de bord et survivabilité
L’aviation spécialisée
La guerre électronique
La reconnaissance
Commandement, contrôle et surveillance
Missiles et drones antiradar
Réflexion sur le Tout aérien
Campagne aérienne au-dessus de l’Afghanistan

Chapitre VI – Les forces de mobilité stratégique

Le transport aérien (Airlift) et le ravitaillement en vol
Le transport maritime (sealift)
Le prépositionnement logistique (Maritine Prepositioning Force ou MPF)
Les performances sur le terrain

Chapitre VII – Les forces non-conventionnelles

Les Forces d’Opérations Spéciales (Special Operations Forces)
Les Forces Nucléaires Stratégiques (Strategic Nuclear Forces)
De la protection antibalistique du territoire national
… au projet BMD

Partie II – Programmer l’avenir : forces, concepts, armes nouvelles pour le troisième millénaire

Chapitre VIII – Quelle puissance terrestre pour le xxie siècle

Les objectifs de Joint Vision 2010/20 et Army After Next 2025
De nouvelles unités de combat
Le fantassin du xxie siècle : Land Warrior XXI
Deux nouvelles armes antichar d’infanterie : Predator et Hornet
Les super-missiles antichar : LOSAT et EFOGM
PAM et LAM
Les futurs blindés de l’Army
Des camions à moteur hybride aux véhicules de combat électriques
Un nouvel Indien dans le ciel : l’hélicoptère Comanche
L’hélidrone A-160 Hummingbird
Le laser antiroquette

Chapitre IX – Quelle puissance navale pour le xxie siècle ?

Une flotte réduite mais qui doit rester la meilleure du monde
De nouveaux concepts opérationnels pour des missions classiques
Vaisseaux furtifs, navires-batteries, super-canons et îles flottantes
Des opérations amphibies à grande vitesse
Un nouveau blindé amphibie pour les Marines
L’avion-hélicoptère : le V-22 Osprey

Chapitre X – Quelle puissance aérienne pour le xxie siècle ?

Les objectifs du futur proche
De nouvelles capacités robotiques
Les avions de combat pilotés des années 2000-2040
Gadget ou arme d’avenir, les lasers d’autoprotection
Missiles et avions hypersoniques

Chapitre XI – Des armes non-létales

Une guerre de machines
Et contre les humains
L’arme météorologique, une arme non-létale ?

Conclusion

Index

Bibliographie

Internet
Jeux de simulations
Table des cartes, schémas et tableaux

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